04 mai 2008
Départementale 1
Cette départementale est la plus longue de la Vienne (plus de 100 kilomètres). Elle débute à la limite de la Touraine, un peu au nord de Dangé-Saint-Romain. Elle longe la Vienne sur sa rive gauche jusqu’à Châtellerault, parallèlement à la nationale 10 située sur l’autre rive.
On traverse Dangé, puis Vaux sur Vienne avant d’être tenté de traverser la rivière à Ingrandes, où on pourra admirer une des plus anciennes églises du département (on reconnaîtra le caractère pré-roman de l’édifice, en particulier par la construction en petit appareil). On pourra également rebrousser chemin sur la rive droite jusqu’à la zone industrielle, où se trouve le magasin d’usine Aigle (articles de sport, de montagne, chaussures de marche, bottes…).
Retour sur la rive gauche : on passe à Antran (église romane), puis on atteint Châtellerault. J’aime bien l’atmosphère de cette ville aux toits d’ardoise et aux murs de tuffeau tendre rongé par l’érosion. Le centre commerçant est plutôt sympathique. L’église Saint-Jacques, d’origine romane, a été très remaniée au cours des siècles et affiche maintenant le visage néo roman caractéristique des restaurations effectuées au 19ème siècle. Le monument le plus connu de la ville est le pont Henri IV (15ème siècle).
Après Châtellerault, toujours en direction du sud, on reste sur la rive gauche de la Vienne, tandis que la nationale s’écarte pour longer la vallée du Clain. On passe d’abord Cenon sur Vienne, puis Vouneuil sur Vienne, en lisière de la forêt de Moulière, la plus vaste du département. C’est sur cette commune qu’on peut faire une promenade dans la réserve naturelle du Pinail (cf départementale 15). On atteint ensuite Bonneuil Matours, village nanti d’une belle église romane. Les rives de la Vienne y sont particulièrement agréables, notamment près du pont suspendu emprunté par la D3.
La route s’éloigne ensuite définitivement de la rivière en grimpant le long du bord est de la forêt, jusqu’à la Chapelle Moulière. On traverse ensuite Liniers : charmante petite église romane très simple agrémentée de vitraux modernes. Un kilomètre plus loin on traverse Lavoux, puis on atteint Saint Julien l’Ars, Savigny l’Evescault et Nieuil l’Espoir. On poursuit ensuite sur Gizay, en passant près du château de Chambonneau (15ème siècle) qui mérite un coup d’œil.
Huit kilomètres plus loin on arrive à Saint-Maurice la Clouère (église romane du 12ème siècle) et à Gençay (vestiges d’un château fort du 13ème siècle dominant la vallée). La route (très fréquentée) continue ensuite de manière rectiligne jusqu’à Civray, en passant par la Ferrière Airoux (église romane) et Sommières du Clain (église romane). Avant d’arriver à Civray, on pourra faire un bref détour par Savignè (église romane).
La petite ville de Civray est le point de convergence du sud de la Vienne. L’église romane Saint Nicolas est un des monuments majeurs de l’art roman en Poitou. La route poursuit sa course plein sud sur encore une dizaine de kilomètres, jusqu’à la limite avec le département de la Charente. Entre temps, on n’hésitera pas à emprunter les toutes petites routes qui desservent les charmants villages de Saint Saviol, Saint Macoux, Saint Gaudent, Voulême, Lizant, et enfin Genouillé, dont l’église romane est bien intéressante.
22 avril 2008
Saulgé, ancienne prieurale Saint-Divitien
La construction de l'ancienne prieurale Saint-Divitien remonte au 11ème siècle. Ce qu'atteste la sobriété de son aspect.
Sur la mur nord, le crépi laisse apparaître l'agencement en petit appareil. Le clocher octogonal est remarquable et rappelle un peu la tour de l'abbaye de Charroux.
On remarque une certaine symétrie dans les sculptures très simples ornant les chapiteaux du portail. Celle de gauche semble bien être une illustration du Verbe sortant en lianes de la bouche d'un personnage et couvrant d'une façon protectrice un autre personnage. Le parvis de l'église n'est-il pas aussi le lieu où l'on parle ?
Le pilastre de droite pourrait être orné d'une chouette, on distingue bien les ailes. Cet oiseau nocturne symbolise souvent la clairvoyance, l'aptitude à se mouvoir malgré les ténèbres.
31 mars 2008
Chauvigny : collégiale Saint Pierre
La collégiale Saint-Pierre figure parmi les églises romanes les plus importantes du Poitou. Située au sommet d'un promontoire rocheux, elle domine la ville de sa silhouette imposante.
L'extérieur
De loin, on remarque d'emblée la hauteur de son clocher, assez inhabituelle dans l'art roman. Toutefois, il est visible que la partie supérieure de ce clocher carré à trois niveaux est plus récente que les autres.
On aborde généralement cette église par sa partie orientale, le chevet et les absidioles présentant un décor sculpté abondant, tandis que la façade occidentale, banale, ouvre sur une esplanade étroitement limitée par la roche.
D’après certaines études, il semble que la construction de l’église se soit étendue de la première moitié du 12ème siècle à la première moitié du 13ème, sur l’emplacement d’un sanctuaire pré existant. Le chœur a été élevé en premier, ainsi que le transept et la base du clocher. Une deuxième campagne aurait vu la construction de la nef et de la façade, puis du niveau intermédiaire du clocher, et enfin du niveau supérieur de celui-ci.
Le chevet
Cette partie de l'église offre un aspect étrange : vus du sol, on croirait le chevet et les chapelles exempts de couverture. En fait les corniches sont toutes surmontées d'un muret courbe qui masque la toiture.
Toutes les corniches sont ornées de modillons variés. Ceux des chapelles, les plus faciles à détailler, sont de facture récente.
On remarque, dans les murs des chapelles, des sculptures sans doute réemployées : on reconnaît notamment Saint-Pierre grâce à son attribut habituel (les clés), amis aussi un signe du zodiaque (sagittaire) et une scène étrange d’un chien poursuivant un lièvre faisant face à un monstre à corps de poisson.
Le transept
Intégrée dans un ensemble monumental serré comportant plusieurs châteaux forts, l'église ne dispose pas d'un espace au sol très vaste, ce qui explique le transept plutôt court. Remarquez l'alphabet gravé sur la fenêtre du croisillon sud. La tourelle d'angle surmontée d'une "pomme de pin" est richement décorée et rappelle les tourelles de Notre-Dame la Grande à Poitiers.
La façade
La simplicité de la façade tranche avec la profusion de décor ornant le reste de l'édifice. Il reste que cette façade est bien représentative des façades de la région, avec ses deux corniches à modillons et son pignon triangulaire. Le portail en arc brisé est peu décoré : juste trois chapiteaux de chaque côté, ces derniers n'étant pas facilement lisibles.
L'intétieur sera montré plus tard...
25 mars 2008
Le Pinail
La réserve naturelle du Pinail, située sur la commune de Vouneuil sur Vienne est un site très particulier caractérisé par la présence d’une multitude de mares plus ou moins profondes dans un paysage de landes. Les photos aériennes du lieu, comme celle qui figure sur le panneau d’information à l’entrée de la réserve, donnent une bonne idée de l’originalité du site.
En fait la physionomie du Pinail découle directement de l’activité humaine. En effet les mares sont dues à l’exploitation de la pierre meulière depuis le 9ème siècle. Le Pinail était une des plus importantes carrières de France et a permis d’équiper un grand nombre de moulins jusqu’au 19ème siècle. Quant à la lande, elle résulte de l’exploitation à outrance de la forêt de Moulière (le nom est significatif), dont le Pinail constitue la partie septentrionale. Dans la région, la lande est appelée brande, du même nom local que la bruyère à balai qui est le végétal dominant. Elle est la terre de prédilection pour l’élevage des ovins.
La réserve est évidemment le théâtre d’une flore très variée, compte tenu de la diversité des milieux (les mares, la prairie, mais aussi quelques tourbières). On peut observer un certain nombre d’espèces protégées. De même la faune est diversifiée. La réserve se veut notamment le lieu de prédilection des passionnés d’ornithologie.
24 mars 2008
Où voir des sites naturels
Vouneuil sur Vienne : la réserve naturelle du Pinail
21 mars 2008
Départementale 31
La route suit une trajectoire ouest/est. Elle débute à la sortie orientale du village de Marçay, situé à une quinzaine de kilomètres au sud de Poitiers, en se greffant bizarrement sur la départementale 95.
Le premier bourg traversé est Vivonne. Si le hasard fait qu’on y passe le samedi matin, on en profitera pour humer l’atmosphère d’un marché animé. L’église Saint Georges (gothique angevin) est fort intéressante, de même que la chapelle de Cercigny, à 2 kilomètres au sud. Se trouvant au confluent de trois rivières (le Clain, la Vonne et le Palais), Vivonne offre un bon nombre de paysages intéressants. On peut y voir également les vestiges d’un château féodal.
Du centre du bourg, il faut emprunter la D4 sur deux kilomètres en direction du nord (Iteuil) pour retrouver la D31 à main droite. On emprunte une brève descente jusqu’à un pont qui enjambe la voie ferrée et le Clain. On a ainsi une vue sur l’ancien pont de type Eiffel qui enjambait la rivière tandis qu’on traversait la ligne Paris Bordeaux au moyen d’un passage à niveau. La route forme ensuite une sorte de digue pour traverser la zone inondable jouxtant le confluent du Clain avec la Clouère, dominé par une haute falaise calcaire où s’ouvrent des grottes et au bord de laquelle s’étend le Camp Alaric. Il s’agit d’un lieu d’habitat néolithique, objet de nombreuses fouilles archéologiques dont témoignent un certain nombre d’objets exposés au musée Sainte Croix de Poitiers.
Nous sommes ici sur le territoire de la commune d’Aslonnes, bourg que nous atteignons 2 kilomètres plus à l’est. La route traverse ensuite le village de Gizay, puis Vernon, où on peut découvrir une église romane.
On continue vers l’est, par Dienné et Verrières. Ce dernier village abrite lui aussi une église en partie romane dont la haute silhouette domine la vallée d’un petit cours d’eau, la Dive (plusieurs rivière du département sans lien entre elles portent ce nom).
On se dirige ensuite vers Gouex, dans la vallée de la Vienne (rive gauche). Là, on doit remonter la rivière sur 3 kilomètres par la D25, puis la traverser en direction de Persac (D12), où notre départementale retrouve son autonomie pour rejoindre Nérignac (point culminant du département), et enfin Adriers, à la limite du Limousin.
Le pont sur le Clain, entre Vivonne et Aslonnes.
20 mars 2008
le menhir de Vaintray
Ce monument mégalithique est situé à l’abri d’un petit bois, en bordure d’un chemin de terre, tout près du village de Vaintray. Ce chemin est emprunté par les sentiers de randonnée de la commune d’Aslonnes (balisage en bleu et en rouge) sur le territoire de laquelle il est situé.
Le menhir ne correspond pas à l’idée qu’on se fait généralement de ce genre de monument, à savoir une pierre dressée d’une hauteur de plusieurs mètres. Or celui-ci n’atteint même pas la hauteur d’un homme.
On peut remarquer que, contrairement aux blocs de granit qu’on a coutume d’observer dans d’autres régions, notamment en Bretagne, celui-ci est constitué de la roche calcaire des environs, toute par l’érosion.
19 mars 2008
Plaisance, église Notre Dame
L’église Notre Dame de Plaisance a connu plusieurs campagnes de construction, du 12ème au 17ème siècle. Sa structure romane a néanmoins été conservée. La façade en est l’élément le plus intéressant. On remarque un mariage des caractéristiques poitevines (pignon triangulaire, façade partagée par une corniche soutenue par des modillons), avec celles du limousin voisin : un portail polylobé et de profondes arcades de chaque côté.
Parmi les modillons de la corniche, représentant majoritairement des têtes d’animaux, on remarque un visage tirant la langue et aux traits grimaçants de douleur.
Au dessus des voussures du portail, de chaque côté, on peut voir un bas-relief finement sculpté. Le personnage de droite parait danser.
La nef de l’église a été modifiée et présente des caractéristiques gothiques.
18 mars 2008
Départementale 5
Cette route débute au « Bec des Deux Eaux ». Ainsi nomme-t-on le confluent des deux grandes rivières d’origine limousine, la Vienne et la Creuse. L’endroit est situé à la limite nord-est du département, sur l’axe Tours-Châtellerault. La D5 commence par remonter le cours de la Creuse sur sa rive gauche, la rivière formant la limite avec le département voisin d’Indre et Loire.
On traverse Port de Piles (et sa fameuse gare de triage aujourd’hui bien déserte), puis une zone de vergers jusqu’à Buxeuil, qui fait face à la ville de Descartes, patrie de qui vous devinez. Avant d’arriver là, on sera bien inspiré de faire un crochet par Les Ormes pour y voir le château de style classique.
Juste après Buxeuil la vallée se resserre. A Saint Rémy sur Creuse, on a à main droite de hautes falaises de craie, lieu d’habitat troglodytique. L’église du village, perchée au bord de la falaise, semble surveiller le cours de la rivière. On gagne ensuite le bourg de Leugny, puis Mairé et Lésigny. De là on a la possibilité d’un bref détour par Coussay les Bois. Puis on atteint La Roche Posay. Cet endroit abrite une station thermale bien connue. Il mérite qu’on s’y arrête un moment, ne serait-ce que pour humer l’atmosphère un peu particulière qui règne dans ce genre de lieux, à moins qu’on ne préfère se donner quelques sueurs froides au casino. Les ruelles anciennes ne sont de toute façon pas dénouées de charme, de même que l’église romane.
Ensuite on délaisse la Creuse pour jeter son dévolu sur son affluent la Gartempe, encore une rivière limousine d’importance, qu’on traverse à Vicq sur Gartempe. On ne manquera pas ensuite d’admirer Angles sur l’Anglin, ses ruelles pentues et les ruines de son château médiéval. On empruntera sur deux kilomètres la D2 en direction de Chauvigny, puis on repiquera plein sud, direction Saint Savin et Montmorillon. La route rejoint les bords de la Gartempe à Nalliers, rive droite donc.
De là on parvient à Saint Germain. Si on a la chance que l’église soit ouverte, on pourra admirer de belles peintures murales en trompe l’œil. Que l’église soit ouverte ou non, on ne regrettera sans doute pas de s’y arrêter un moment pour bénéficier du cadre particulièrement bucolique qui l’entoure : la rive ombragée de la Gartempe est toute proche, et on voit s’y mirer la haute flèche de l’abbaye de Saint Savin, sur la rive gauche (départementale 11).
Le village suivant est Jouhet. Puis on parvient à Montmorillon. La ville mérite bien qu’on s’y attarde un peu, notamment pour son église Notre Dame perchée en figure de proue à l’aplomb de la rivière, et pour le vieux quartier adjacent du Brouard, autrefois insalubre, et réaménagé en Cité de l’Ecrit, autrement dit en royaume des bouquinistes.
Après Montmorillon, on repasse sur la rive gauche. La vallée devient assez étroite. L’église de Saulgé, puis celle de Plaisance sont assez intéressantes. La route s’éloigne de la rivière dont le cours devient assez tortueux. Pour profiter des plaisirs aquatiques, il faudra emprunter la D12 à partir de Plaisance. On arrive enfin Saint Rémy en Montmorillon, village formant une même commune avec le bourg de Lathus, à 7 kilomètres de là, une des communes les plus étendues du département. Ce faisant on atteint également la limite du département de la Haute Vienne.
Un étang près de Saulgé
14 mars 2008
Champniers
La première fois que j’étais passé par ce village du sud de la Vienne, je ne m’étais guère attardé, déçu sans doute par l’extrême simplicité de l’église d’origine romane, notamment son absence de décor sculpté. Et puis, finalement, il me semble que Champniers mérite une visite. Je m’y suis arrêté récemment, un samedi après-midi, et j’ai trouvé le lieu particulièrement paisible et agréable. Une vaste place carrée entourée de maisons rénovées ou en cours de rénovation, un restaurant-bar pimpant, et puis, un peu en retrait, au fond d’une courte ruelle : l’église Saint-Martin.
L’édifice est inséré dans un groupe de maisons, mais on peut néanmoins le contourner et faire une brève promenade dans le minuscule jardin côté nord, d’où on aperçoit la forme arrondie de l’abside, seule partie visiblement romane de l’église.
Il ne faut pas hésiter à prendre du recul sur la place, ou au fond de la ruelle pour apprécier pleinement le caractère campagnard de cette église bâtie dans une roche aux tons chauds.
Lors de ma visite la porte était verrouillée, mais sachez que l’intérieur abrite des peintures murales du 15ème siècle classées monument historique. A revoir, donc.
























